Métier à la tire
La date et le lieu de naissance des métiers à tisser à la tire n'est pas connue avec exactitude: certains historiens parlent de Byzance, d'autres de l'Empire sassanide (dans l'Iran actuel, entre les IIIe et VIIe siècles). Ce qui est sûr, c'est que ce métier à tisser manuel, dont l'extrême complexité permettait de tisser des étoffes façonnées raffinées, fut exporté par la suite vers d'autres contrées: la Chine (sans doute après les Tang, à partir du Xe siècle), l'Asie Centrale, l'Inde (au XIVe siècle, semble-t-il), l'Espagne, le Maroc, l'Italie, la France.
En dépit des aménagements qui lui furent apportés dans ces différents pays d'adoption, ses principes de fonctionnement restent invariables. Partout, le métier à la tire comprend deux chaînes, l'une dite de fond et l'autre de liage. Les fils de ces chaînes se soulèvent et s'abaissent grâce à deux ensembles de cadres que commandent deux systèmes distincts: d'une part les pédales, actionnées par le tisseur; d'autre part la tire, actionnée par un tireur (la tire consiste en un ensemble de cordes sur lesquelles sont programmés les dessins au moyen de petites cordelettes dites lacs).
Métier à la tire de Fès – © Hassane Kabil
Pour voir en vidéo le fonctionnement d'un métier à la tire dans notre atelier, cliquez ici.
A partir du XIXe siècle, le métier à la tire fut peu à peu supplanté par son descendant direct, mis au point à Lyon par Joseph-Marie Jacquard. En sorte que les métiers à la tire sont désormais souvent réduits à n'être plus que des pièces de musée.
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